Géographie de Balzac. Portrait impressionniste de la France ?

- juillet 2018


Résumé

Nous proposons une tentative de représentation cartographique de la géographie de Balzac à l’échelle de la France. Le corpus traité provient du répertoire géographique d’Hoffmann (1968). La géographie de Balzac est tributaire de son époque et met en évidence la diversité de ses points de chute. Cette géographie est avant tout parisienne puis a pour support, en grande partie, la moitié nord-ouest de la France. On note une importante fragmentation des territoires qui traduit l’esthétique des romans réalistes caractérisée par une description de sphères spatiales modestes à l’échelle des milieux géographiques et répond à la peinture des « types sociaux ». Le croquis chorématique apporte quelques éclairages sur l’organisation de l’espace français dans la première moitié du XIXe siècle.

Abstract

The geography of Balzac : an impressionist portrait of France ?

This paper offers a cartography of the geography of Balzac’s France. The corpus comes from Hoffman’s (1968) geographical repertoire. Balzac’s geography depends on its era and highlights the diversity of places the author visited. The author’s opus is primarily Parisian and after, for the most part, it spans the northwest half of France. His territories are sharply fragmented, reflecting his realist aesthetics that are characterised by modest spatial spheres at the level of geographic milieux. Such fragmentation is his response to the literary depictions of “social types”. The chorematic sketch sheds light on how French space was organised during the first half of the 19th century.

Key words : Balzac, cartography, France, Comédie Humaine, literature

Resumen

Geografía de Balzac: ¿un retrato impresionista de Francia?

Este artículo propone cartografiar la geografía de Balzac a la escala de Francia. El corpus proviene del repertorio geográfico de Hoffmann (1968). La Geografía de Balzac es hija de su tiempo y referencia la diversidad de los espacios que visitó. Aunque sobre todo es una geografía parisina prepondera el Noroeste de Francia. Destaca la fragmentación territorial por la trasposición de la estética de la novela realista y naturalista, que se caracteriza por una descripción de la esferas populares en su entorno geográfico, siguiendo el mismo modelo de la pintura social. El uso de los coremas en este trabajo ilustran y explican la organización del espacio francés de la primera mitad del siglo XIX.

Palabras clave : Balzac, cartografía, Francia, Comedia Humana, literatura


Plus de vingt après une première esquisse « chorématique » de l’organisation spatiale du Lys dans la vallée (Morhange, 1991), nous proposons une tentative de représentation cartographique de la géographie de Balzac à l’échelle de la France. Le corpus traité provient du monumental répertoire géographique d’Hoffmann (1968), chaque occurrence de lieu étant représentée sur la carte selon la méthode classique des cercles proportionnels (figure 1). Du point de vue méthodologique, nous avons utilisé l’index des communes du répertoire qui inventorie tous « les noms de villes, villages, bourgades et lieux-dits, ainsi que les châteaux, églises et autres bâtiments isolés », chaque lieu géographique n’étant représenté sur la carte qu’une fois par roman ou nouvelle de La Comédie humaine (Hoffmann, 1968).

Figure 1. Carte des lieux géographiques cités par Balzac dans La Comédie humaine, d’après le répertoire géographique de Hoffmann (1968).

Figure 1. Carte des lieux géographiques cités par Balzac dans La Comédie humaine, d’après le répertoire géographique de Hoffmann (1968).

Le rapprochement entre cartographie et littérature pour l’étude des espaces romanesques n’est pas nouveau avec les premières tentatives des guides touristiques Baedeker dès le XIXsiècle (Bulson, 2007), puis la publication d’un certain nombre d’atlas littéraires ou d‘ouvrages universitaires (Sharp, 1904 ; Bartholomew, 1910 ; D’Auby Briscoe et al., 1936 ; Bradbury, 1996 ; Moretti, 1998 ; Piatti et al., 2009 ; Boeglin et al., 2016, parmi beaucoup d’autres références), quand ce ne sont pas les auteurs eux-mêmes, comme Defoe, Zola, Stevenson ou Faulkner, qui se sont transformés en apprentis cartographes…

Entre les pays et les âmes, entre les villes et les destinées des créatures qui y passent leur existence, il est des harmonies secrètes et de mystérieuses consonances. Inaperçus du commun, ces rapports à l’espace n’ont pas échappé à Balzac (Ponceau, 1974 ; Jacques, 1975). Mais il les a si étroitement intégrés à son œuvre romanesque qu’il fallait les y redécouvrir et les mettre en évidence grâce à la cartographie de tous les lieux nommés, même s’il est évident que la dimension géographique des romans ne se réduit pas à la seule cartographie des lieux identifiés dans les textes.

Comme Balzac l’annonce dès l’avant-propos de sa Comédie humaine, la géographie a son importance : « J’ai tâché de donner une idée des différentes contrées de notre beau pays. Mon ouvrage a sa géographie comme il a sa généalogie et ses familles, ses lieux et ses choses, ses personnes et ses faits ». Balzac fut en effet « le premier à intégrer à ses romans la description d’une réalité géographique à la fois proche dans l’espace et dans le temps » (Mozet, 1982). Par exemple, on fait souvent de Balzac le premier romancier du paysage avec Le Lys : « je voulais surtout étudier la langue française aussi bien que les fibres les plus déliées du cœur, et aborder la grande question du paysage en littérature » (préface du Lys dans la vallée, édition de 1836).

La géographie de Balzac est tributaire de son époque et se calque en grande partie sur sa propre géographie. De nombreux auteurs ont noté l’importance de la spatialisation dans son écriture (Dufour et Mozet, 2004). La carte (figure 1) met en évidence la diversité de ses points de chute. Même si les projets intellectuels sont très différents, il s’agit d’une esquisse d’un tableau impressionniste de la France (Caramaschi, 1977), un peu avant ceux, beaucoup plus réalistes, de Michelet (1833) ou de Vidal de la Blache (1903). La géographie de La Comédie humaine est avant tout parisienne puis a pour support, en grande partie, la moitié nord-ouest de la France. Si 48 romans sont situés dans les décors parisiens, la province est néanmoins essentielle pour la démonstration d’une opposition entre la vie parisienne et la vie provinciale. L’un des objectifs de La Comédie humaine étant de décrire de manière exhaustive la société de la première moitié du XIXsiècle, Balzac essaye de s’intéresser à tous les milieux qui la composent, comme en témoignent les titres de certaines parties : Scènes de la vie parisienne, Scènes de la vie de province, Scènes de la vie de campagne… Au cours de sa vie, Balzac a donc trouvé le moyen de séjourner dans de nombreuses régions de France, dans l’Angoumois, la Touraine, le Berry, la Bretagne, le Limousin, l’Auvergne ou le Dauphiné…

Cependant, Balzac n’est pas reconnu comme un « écrivain voyageur », alors que l’époque est à la mode du récit de voyage et que beaucoup d’écrivains commencent à s’y frotter (Déruelle, 2003 ; Mozet et Petitier, 2004 ; Therenty, 2004). S’il refuse catégoriquement de s’y adonner : « On a, dans ces derniers temps, tellement abusé de l’idée, du fait voyage, que j’avais résolu de ne jamais rien publier, de même que je ne disais rien des pays que j’ai visités : d’abord pour ne pas être vulgaire, puis pour ne pas parler de moi, le je étant le pronom le plus ennuyeux que je sache pour un lecteur… » (lettre sur Kiew), il reconnait que le voyage lui « agrandit les idées » (lettre à Z. Carraud, 1832).

L’œuvre de Balzac constitue néanmoins une cartographie des raisons et des façons de voyager dans le premier XIXsiècle. La route et la diligence sont de véritables héros balzaciens. L’auteur nourrit donc sa connaissance de la province grâce à ses voyages : La Rabouilleuse à Issoudun, Illusions perdues à Angoulême, Béatrix à Guérande, Albert Savarus à Besançon, ou encore Le Médecin de campagne à La Grande Chartreuse et surtout dans sa Touraine natale, où il séjourne une dizaine de fois à l’âge adulte. La description des villes ligériennes s’appuie sur de longues fréquentations. Dans l’ensemble, Balzac prend peu de notes, mais il observe et use de sa mémoire. Au cas échéant, il a recours à ses amis. Pour décrire Angoulême dans Illusions Perdues, il sollicite Zulma Carraud : « Je voudrais savoir le nom de la rue par laquelle vous arriviez sur la place du Mûrier et où était votre ferblantier; puis le nom de la rue qui longe la place du Mûrier et le Palais de Justice et menait à la première maison de M. Bergès ; puis le nom de la porte qui débouche sur la cathédrale ; puis le nom de la petite rue qui mène au Minage et qui avoisine le rempart, qui commence auprès de la porte de la cathédrale, et où était cette grande maison où nous avons entendu quelquefois jouer du piano. » (Lettre à Z. Carraud, Saché, 1836).

Dans la figure 1, on note une importante fragmentation des territoires balzaciens qui traduit clairement l’esthétique des romans réalistes, qui développe un savoir particulier, qui est une écriture de sphères spatiales modestes à l’échelle des milieux géographiques et répond à l’approche typologique naturaliste des personnages et à la peinture des « types sociaux » (Dufour et Mozet, 2004 ; Cohen 2004).

La carte de localisation des lieux géographiques de La Comédie humaine (figure 1) permet d’esquisser un croquis chorématique (figure 2) qui apporte quelques éclairages sur l’organisation de l’espace français perçu par Balzac dans la première moitié du XIXsiècle. Ces différences sont fondamentalement dues à l’accumulation des romans, comme dans le Val de Loire ou à Paris, ainsi qu’aux voyages de Balzac. Sans tomber dans les travers du spatialisme (Grataloup, 1993) ou dans l’instrumentalisation de la littérature dans la lecture des paysages et des cadres de vie, ce croquis présente un certain nombre de régularités géographiques intéressantes. En premier lieu, on note des différences de densité entre les deux principaux centres de gravité que sont Paris et Tours.

Paris est l’épicentre de La Comédie humaine. Il est à noter que le répertoire géographique d’Hoffmann (1968) ne traite que de la Province, car la question de Paris avait déjà été analysée par Stevenson (1938) et Raser (1964). Hoffmann n’a relevé que des villages ou des quartiers périphériques, comme Auteuil, Passy, ou Montmartre, extérieurs au centre-ville, délimité par le mur des Fermiers généraux construit entre 1784 et 1790. L’enceinte de 1840 (ou « fortifications de Thiers ») n’est construite qu’entre 1840 et 1844. Balzac mêle deux aspects : en même temps qu’on voit se déployer la ville de Ferragus, Marsay et Rastignac, on suit l’existence de Balzac dans Paris, ses multiples déménagements (plus d’une douzaine en 35 ans de vie parisienne ; Hazan, 2018). Balzac, comme Rastignac, a été « un grand homme de province à Paris », un écrivain ambitieux et avide de succès. Paris a représenté une conquête et une source inépuisable d’inspiration. Du Marais de sa jeunesse au faubourg Saint-Germain et ses duchesses qu’il espérait séduire, de Montparnasse aux villages périphériques où il se réfugiait pour échapper à ses créanciers, Balzac a observé avec minutie les tissus urbains de la capitale (Harvey, 2001 ; Baron, 2016). Paris est l’objet d’une véritable analyse archéologique (Guichardet, 1986), géographique et sociale dans la plupart des romans parisiens, sauf en ce qui concerne Le Père Goriot, où l’évocation du milieu urbain est presque exclusivement limitée à la célèbre description « morale » de la pension Vauquer (Mazat, 2004). Balzac fait de l’espace parisien un des moteurs de son écriture, en se nourrissant de la ségrégation socio-spatiale et des frontières entre quartiers, pour instaurer une tension narrative. Les trajectoires romanesques prennent souvent la forme de traversées géographiques : du Quartier latin, espace de la formation, au monde désiré, l’ouest du faubourg Saint-Germain et le nord-ouest siège des activités financières. Du début à la fin des romans, personnages et intrigues transitent souvent entre ces deux pôles géographiques (Moretti, 1998). La trame urbaine, propice à l’agitation des esprits et des sens, va bousculer tous les protagonistes. Balzac compare la capitale à un océan, à un bourbier, voire à un monstre : « Monstre complet d’ailleurs ! Ses greniers, espèce de tête pleine de science et de génie, ses premiers étages, estomacs heureux ; ses boutiques, véritables pieds ; de là partent tous les trotteurs, tous les affairés. » (Incipit de Ferragus, 1833). La Comédie humaine a en effet contribué à diffuser une représentation mythologique, voir fantasmagorique de Paris (Gal, 2014 ; Schmider, 2015). Les romans de Balzac sont écrits quand la capitale prend soudain l’ampleur et l’apparence qu’on lui connaît aujourd’hui. Sa population décuple et on assiste à une expansion urbaine sans précédent. Les premiers Grands Magasins sont fondés et le monde des affaires se développe avec une extraordinaire rapidité, alors que la prolétarisation produit ses premiers drames. Ces dynamiques aboutissent à une transformation profonde des tissus urbains et font de la capitale le lieu d’élection de toutes les tragédies modernes, promouvant le décor urbain à la qualité de drame épique (Caillois, 1999). Notre objectif n’était pas de cartographier l’espace parisien intra-muros, à l’échelle des rues ou des îlots, puisqu’il s’agit d’une recherche à beaucoup plus grande échelle que celle de la France, et que cette analyse cartographique a déjà été partiellement tentée (Moretti, 1998 ; Boeglin et al., 2016).

Figure 2. Croquis chorématique de la France dans La Comédie humaine de Balzac.

Figure 2. Croquis chorématique de la France dans La Comédie humaine de Balzac.

Par comparaison, Tours se positionne avant (chronologiquement) et après (par ordre d’importance) le pôle parisien, comme la ville qui inspire le plus Balzac. C’est sa ville natale, en 1799, et le décor principal de deux grandes nouvelles : Maître Cornélius et Le Curé de Tours. La ville de Tours constitue, en effet, « une réserve inestimable de réel pour l’imaginaire balzacien » (Diethelm, 2007). La Touraine est aussi la région la plus utilisée comme lieu d’action de ses romans (Renault, 1999). Certaines histoires y sont ancrées comme Le Lys dans la vallée à Saché, L’Illustre Gaudissard à Vouvray, ou La Grenadière à Saint-Cyr-sur-Loire. Si Balzac cite autant la Touraine, c’est parce que c’est une des régions qu’il connaît le mieux et apprécie le plus. Ne fait-il pas dire à Félix de Vandenesse, le héros du Lys dans la vallée : « Ne me demandez plus pourquoi j’aime la Touraine ? je ne l’aime ni comme on aime son berceau, ni comme on aime une oasis dans le désert ; je l’aime comme un artiste aime l’art ; je l’aime moins que je ne vous aime, mais sans la Touraine, peut-être ne vivrais-je plus ». Balzac songe même à s’y installer, en achetant un château à Vouvray ou une maison à Saint-Cyr-sur-Loire. On a donc peine à imaginer Balzac sans la Touraine, tant la sensibilité de l’écrivain s’enracine profondément dans sa terre. Si cette province a perdu depuis longtemps la place de choix qu’elle occupait au moment où la monarchie des Valois trouvait asile dans les châteaux de la Loire, elle n’en conserve pas moins son originalité et sa beauté. Ce jardin de la France, cette terre du bien-parler, du bien-manger et du bien-vivre, reste celle de la mesure et de la douceur, les Tourangeaux consacrant encore, à cette époque, tous leurs soins aux travaux des champs et du vignoble (Laurencin, 1980). Comme l’écrit Mozet (1982), la Touraine de Balzac est beaucoup plus qu’un pays natal. Elle est aussi la patrie de la beauté et de la sensualité, d’un lyrisme d’autant plus érotique que l’expression est extrêmement châtiée.

S’il est classique de situer Balzac dans une lignée d’écrivains tourangeaux, la géographie balzacienne englobe aussi un certain nombre d’autres régions, avec une préférence marquée pour la Normandie, la Bretagne ou le Berry, régions où il a souvent des attaches : sa sœur en Normandie, Zulma Carraud à Angoulême puis Issoudun, un ami à Fougères. Ces amas géographiques, bien identifiés et analysés par Ponceau (1974) puis Watts (2007) sont principalement localisés dans le nord-ouest de la France. Ces territoires sont parsemés de romans ! L’analyse de la campagne berrichonne, toute proche, procède de la même connaissance intime. Elle est indissociable des petites villes qui la structurent telle Issoudun. C’est la douce France chère à Balzac (Bodin, 1980).

Concernant la Bretagne, Balzac a surtout fréquenté les pays de Fougères et de Guérande (Le Yaouanc, 1954). En 1828, Il séjourne environ deux mois à Fougères et réalise des repérages pour son roman Les Chouans qui offre une description précise de la ville et de ses environs bocagers imprenables par les armées républicaines. L’opposition entre Fougères et la campagne environnante donne sa trame narrative au roman. L’organisation spatiale du bocage, longuement décrite, constitue le nœud de l’intrigue politique et militaire. Ces paysages constituent un cadre où Balzac mentionne de nombreux noms. Ce réalisme spatial, en raison du ton lyrique adopté, se double ainsi d’une dimension poétique. Les deux nouvelles, Un drame au bord de la mer puis Beatrix décrivent la presqu’île guérandaise où Balzac semble avoir passé d’agréables moments au printemps 1830, comme touriste en visite dans ce « pays étrange ». Guérande est encore une ville médiévale qui le fascine, telle un « Herculanum de la féodalité », « essentiellement bretonne, catholique fervente, silencieuse… Magnifique joyau de la féodalité, fièrement posé pour commander les relais de la mer et les dunes… Guérande est enceinte de ses puissantes murailles : ses larges douves sont pleines d’eau, ses créneaux sont entiers, ses meurtrières ne sont pas encombrées d’arbustes, le lierre n’a pas jeté son manteau sur ses tours carrées ou rondes…, ses fortifications semblent achevées d’hier. » Par contraste, la presqu’île apparaît, sous sa plume, comme un environnement encore plus exotique. Longtemps considéré comme l’un des meilleurs représentants du réalisme en littérature, Balzac n’hésite pourtant pas à évoquer un « désert d’Afrique bordé par l’Océan » et des paludiers tels des « arabes couverts de leurs burnous » (Ambrière-Fargeaud, 1975 ; Mustière, 1980).

Vers 1822, Balzac fit un assez long séjour en Normandie où habitait sa sœur. Il en profita pour recueillir toute une moisson d’observations, au Havre ou à Alençon (Contades, 1888), dont il se servit plus tard. L’auteur traduit surtout l’atmosphère de ces petites villes. Il n’en révèle pas précisément les décors, car elles se ressemblent toutes un peu, comme les grasses campagnes normandes (Pouchain, 2000). Il vint aussi à Bayeux, jolie ville située à deux lieues de la mer, chez l’une de ses cousines qui l’accueillit avec cette cordialité particulière aux gens habitués à vivre dans la retraite, et pour lesquels l’arrivée d’un parent ou d’un ami devient un bonheur.

En Flandre française, Balzac construit une image encore plus artificielle des lieux, l’auteur n’ayant jamais été à Douai. « Ainsi, c’est avant tout pour des raisons historiques, et non géographiques ou topographiques que Balzac a choisi de situer son roman à Douai… La toponymie est des plus réduites, se limitant à quelques noms qui entretiennent à peine une illusion de réalité » (Mozet, 1982). On y note une ville sans tissu et sans itinéraires. « Le Douai du roman est une entité sociologique, destinée à illustrer la métamorphose d’une ville flamande en ville de Province française » (Mozet, 1982).

Le Hurepoix et le Gâtinais font l’objet de nombreuses occurrences, probablement liées à la proximité de la capitale. Par exemple, Balzac passa plusieurs étés avec sa maîtresse, Laure de Berny, à Grez-sur-Loing, elle le conseilla tout au long de sa carrière d’écrivain. Balzac a souvent fréquenté ces lieux si proches de Paris, mais encore largement ruraux à l’époque. Dans La Femme de trente ans, il décrit bien ces paysages : « Entre la petite rivière du Loing et la Seine s’étend une vaste plaine bordée par la forêt de Fontainebleau, par les villes de Moret, de Nemours et de Montereau. Cet aride pays n’offre à la vue que de rares monticules ; parfois, au milieu des champs, quelques carrés de bois qui servent de retraite au gibier ; puis, partout, ces lignes sans fin, grises ou jaunâtres, particulières aux horizons de la Sologne, de la Beauce et du Berri ».

On a depuis longtemps noté que, parmi les éléments qui composent un paysage balzacien, l’eau est sans doute le plus constant. Il n’est guère de villes qui ne soient bordées ou partagées par une rivière, comme Tours par la Loire, Angoulême par la Charente, Alençon à la confluence de la Briante avec la Sarthe, Le Havre et Paris par la Seine… (Steinmetz, 1969 ; Besson, 2003). La France de Balzac est surtout une « France de l’Intérieur », où les littoraux sont peu présents. Toute l’eau y est douce ou presque (Pinel, 1995). Deux principaux axes fluviaux, la Loire et la vallée du Rhône, semblent structurer la géographie de La Comédie humaine. Le fleuve est encore un axe de communication important grâce à la batellerie. En dépit d’améliorations techniques, telles que la mise au point des navires à vapeur à fond plat, le voyage fluvial va pâtir, plus encore que le transport en diligences, de l’émergence du cheval de fer. En 1830, Balzac a d’ailleurs lui-même voyagé en bateau sur la Loire, entre Saumur et Saint Nazaire. Il a aussi descendu le Rhône de Lyon jusqu’en Arles.

L’œuvre balzacienne constitue un catalogue détaillé des façons de voyager dans le premier XIXsiècle (Terrasse-Riou, 2000 ; Labouret, 2004 ; Diethelm, 2005). Les lieux-carrefours et les différents modes de transport y occupent une place déterminante, le voyage étant souvent à l’origine des recompositions des romans, au point que c’est le récit qui devient voyage. Mais Balzac confère surtout au voyage des vertus symboliques qui font éclater les déterminations spatiales et interdisent d’en faire un simple objet-à-décrire, bien loin des premiers écrivains-voyageurs comme Nerval ou Lamartine (Mozet et Petitier, 2004 ; Lyon-Caen, 2004).

On met en évidence, dans La Comédie humaine, la présence de cinq capitales régionales (Marseille, Lyon, Strasbourg, Toulouse et Bordeaux). Ces villes exercent des fonctions politiques, administratives, économiques et culturelles… Il est intéressant de noter que, plus d’un siècle après la mort de Balzac, au début des années 1960, ces cinq villes font encore partie de la liste des métropoles d’équilibre promues par la Délégation à l’Aménagement du Territoire et à l’Action régionale (DATAR) qui visait à promouvoir huit métropoles régionales, choisies pour contrebalancer le poids excessif de la région parisienne… La fréquence des noms de ville reflète fidèlement la hiérarchie urbaine de l’époque et traduit les permanences de la géographie urbaine de la France. Marseille et Bordeaux ont la qualité d’être aussi des pôles portuaires majeurs au XIXsiècle, avec Le Havre. Comme l’a déjà noté Mozet (1982), Le Havre se singularise des autres villes de Province par sa richesse. C’est l’un des trois plus grands ports de France de l’époque. Le Havre connaît, en effet, une croissance économique et urbaine remarquable tout au long de la première moitié du XIXsiècle en relation avec la croissance parisienne. Si Le Havre est cité, cette ville est cependant très peu décrite comme dans Modeste Mignon. « Mentionné, mais non montré, Le Havre apparaît comme une ville de la circulation, circulation des biens comme circulation des personnes », un lieu de transit (Bui, 2015). Il en est de même pour Marseille (où Balzac a pourtant séjourné à plusieurs reprises) et Bordeaux. Les ports secondaires de Boulogne-sur-Mer (visité deux fois par Balzac), Toulon (célèbre à l’époque pour son port et son bagne), Brest et Nantes reflètent fidèlement la hiérarchie portuaire de l’époque.

Les contreforts montagnards du Jura, de l’ouest du Massif central ou les Préalpes du nord ont aussi inspiré Balzac. Ce sont des lieux qu’il a visités, comme Besançon, place-forte militaire et siège de nombreuses congrégations religieuses, dont il tirera quelques descriptions et atmosphères plutôt grises pour Albert Savarus. Dans le même roman, les atmosphères s’éclaircissent lorsque les héros balzaciens évoquent le lac des Quatre-Cantons et autres lacs italo-suisses. Ses voyages à Angoulême, plus nombreux, sont aussi à l’origine de belles vues publiées dans Illusions Perdues. « Angoulême est une vieille ville, bâtie au sommet d’une roche en pain de sucre qui domine les prairies où se roule la Charente. Ce rocher tient vers le Périgord à une longue colline qu’il termine brusquement sur la route de Paris à Bordeaux, en formant une sorte de promontoire dessiné par trois pittoresques vallées. L’importance qu’avait cette ville au temps des guerres religieuses est attestée par ses remparts, par ses portes et par les restes d’une forteresse assise sur le piton du rocher. Sa situation en faisait jadis un point stratégique également précieux aux catholiques et aux calvinistes ; mais sa force d’autrefois constitue sa faiblesse aujourd’hui : en l’empêchant de s’étaler sur la Charente, ses remparts et la pente trop rapide du rocher l’ont condamnée à la plus funeste immobilité. Vers le temps où cette histoire s’y passa, le Gouvernement essayait de pousser la ville vers le Périgord en bâtissant le long de la colline le palais de la préfecture, une école de marine, des établissements militaires, en préparant des routes. Mais le Commerce avait pris les devants ailleurs. Depuis longtemps le bourg de l’Houmeau s’était agrandi comme une couche de champignons au pied du rocher et sur les bords de la rivière le long de laquelle passe la grande route de Paris à Bordeaux. Personne n’ignore la célébrité des papeteries d’Angoulême, qui, depuis trois siècles, s’étaient forcément établies sur la Charente et sur ses affluents où elles trouvèrent des chutes d’eau. L’État avait fondé à Ruelle sa plus considérable fonderie de canons pour la marine. Le roulage, la poste, les auberges, le charronnage, les entreprises de voitures publiques, toutes les industries qui vivent par la route et par la rivière se groupèrent au bas d’Angoulême pour éviter les difficultés que présentent ses abords. Naturellement les tanneries, les blanchisseries, tous les commerces aquatiques restèrent à la portée de la Charente ; puis les magasins d’eaux-de-vie, les dépôts de toutes les matières premières voiturées par la rivière, enfin tout le transit borda la Charente de ses établissements. Le faubourg de l’Houmeau devint donc une ville industrieuse et riche, une seconde Angoulême que jalousa la ville haute où restèrent le Gouvernement, l’Évêché, la Justice, l’aristocratie. Ainsi, l’Houmeau, malgré son active et croissante puissance, ne fut qu’une annexe d’Angoulême. En haut la Noblesse et le Pouvoir, en bas le Commerce et l’Argent ; deux zones sociales constamment ennemies en tous lieux ; aussi est-il difficile de deviner qui des deux villes hait le plus sa rivale ». Comme souvent, Balzac ressent le besoin de situer le lieu du roman, et une description géographique lui permet d’évoquer les tensions narratives et le drame qui se trame, car, pour lui, le lieu et l’histoire sont corrélés, ainsi, « Les derniers événements de cette histoire ayant dépendu de la disposition des lieux où ils se passèrent, il est indispensable d’en donner ici une minutieuse description, sans laquelle le dénouement serait d’une compréhension difficile » écrit-il dans Les Chouans.

Il semblerait que Balzac évoque plus les marges montagnardes que le cœur des massifs, moins facilement pénétrables, à l’image du Limousin, où Balzac a situé l’action du Curé de village (Fortassier, 1982) ou du Dauphiné, cadre du Médecin de campagne (Tonnellier, 2009). Balzac est parfois sensible au sentiment du « sublime naturel ». Par exemple, dans Le Médecin de campagne, on constate l’importance accordée à la lumière dans les différents paysages présentés. Chaque rai de lumière et chaque ombre intensifient l’impression donnée par l’image. La montagne est « faiblement éclairée à son sommet par les rayons rouges du soleil couchant » enjolivant ce paysage un peu sauvage. Cette description des lieux se veut sublime par son motif et les spécificités qui la composent, en insistant sur les contrastes entre l’ombre et la lumière et l’incertitude des formes du panorama (Simard, 2015). Ces éléments symboliques de décor ne doivent pas faire oublier qu’à travers la description rustique des paysages agricoles et des milieux naturels, Balzac songe surtout à énoncer ses idées politiques plutôt conservatrices (Zellweger, 1941).

Les zones blanches de la figure 2 correspondent à des espaces peu connus et rarement visités par Balzac, car plus enclavés, comme les massifs montagneux que sont les Pyrénées, les Alpes ou le Plateau central, milieux déjà parfois à la mode, tel le massif du Mont Blanc. Il est un peu troublant que ces régions délaissées par Balzac correspondent pour partie à ce que certains géographes du XXsiècle ont appelé la « diagonale du vide ». Ces marges balzaciennes sont encore aujourd’hui caractérisées par des densités de population plus faibles (Oliveau et al., 2016 ; Despraz, 2017).

On insistera donc sur la richesse et la complexité géographique des textes composant La Comédie humaine et sur les multiples champs d’analyse et d’interprétation envisageables (Velut, 2004). Par exemple, dans Les Improvisations sur Balzac, Butor (1998) indique que la représentation du territoire dans La Comédie humaine relèverait en partie d’une poétique de l’objet à travers laquelle diverses facettes des lieux seraient matérialisées par des objets particuliers, souvent des œuvres d’art (Bouchard, 2013). Cerner la valeur symbolique, voire mythologique, des différents lieux décrits permettrait ainsi d’expliquer la place qu’ils occupent dans l’imaginaire de l’auteur. Lisons et relisons Balzac géographe avec profit et bonheur, bien au-delà de son simple intérêt documentaire ! Il n’y a pas plus de roman géographique que de roman historique. Solomon (2011) propose un fonctionnement symbolique de l’espace, la spatialisation balzacienne témoignant toujours d’une pensée sur le monde qui crée son propre territoire en s’écrivant (Mozet, 1982 ; Dufour et Mozet, 2004). Comme l’ont déjà écrit Bourneuf (1970) ou Goldenstein (2005), l’espace dans un roman est beaucoup plus que la somme des lieux décrits…

Bibliographie

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    Les auteur.es :

    Christophe Morhange

    Aix-Marseille Université, CNRS, IRD, Coll. de France, CEREGE, Aix-en-Provence, France

    Nathanaël Gobenceaux

    Musée Rabelais

    Patrick Pentsch

    Aix-Marseille Université, département de géographie, Aix-en-Provence, France

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